Des rives du Bosphore aux rives de la Seine, Marie Angeline Stacorovich – Chapitre I

Ma marotte en généalogie, ce sont les liens, les connexions, les gens qui gravitent autour d’une famille, au sens large. Ils peuvent être parrains, marraines, comme évoqué lors de mon précédent billet (ICI), mais aussi tous ceux que nous rencontrons au détour d’actes et de documents, qu’il s’agisse d’actes d’état civil, d’articles de presse ou autre. Leur mention, leur présence sont rarement le fruit du hasard et bien souvent nous en apprennent beaucoup pour qui prend le temps de s’y arrêter. Alors, je me perds avec eux et s’ils ne font pas partie directement de ma généalogie, je n’hésite jamais à partir sur leurs traces souvent surprenantes et qui parfois m’entraînent si loin…

C’est ainsi qu’aujourd’hui mes recherches me conduisent à la Sublime porte. Lorsque que j’avais rédigé mon billet ayant pour sujet Charles Henri TENRE, deux ou trois informations avaient déjà attisé ma curiosité. Décoré de l’ordre de la Medjidié, ce dernier avait été attaché à la section ottomane lors de l’Exposition universelle de 1901, fonction indiquée de sa main dans un courrier joint à son dossier pour l’obtention de la Légion d’honneur. Un doux parfum d’orient flottait dans l’air…

Tapies dans un coin de ma tête ces informations dormaient, je n’avais pas fait non plus le lien avec la famille AGUADO ; je n’avais fait qu’effleurer la question. Il a suffi de quelques échanges avec mon cousin chilien, Francisco, friand d’éléments relatifs à sa famille française pour que je me replonge dans mes documents. Lui transmettre et lui traduire en anglais l’essentiel des actes d’état civil des individus concernés m’a donné l’occasion de mettre aussi mes idées au clair, de relever un certain nombre d’éléments et de les analyser. Mes petits bouts d’informations méritaient mieux que de rester éparpillés.

La question posée était pourquoi et comment ces liens avec l’empire Ottoman ? Pour tenter d’y répondre un rapide croquis où figure Elisabeth Hélène Henriette JACOB, figure centrale, c’est elle qui va nous conduire vers les rives du Bosphore…

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Descendance Emilie Claire Mac Donell

Elisabeth Hélène JACOB (ou JAGOBS) selon les documents) épouse, en la  mairie  du 8ème arrondissement  de  Paris, le 5 octobre 1868, Arthur Olympio Georges AGUADO. Cet acte de mariage nous indique qu’elle est née à Péra (1), Constantinople (Turquie) le 31 juillet 1851. Elle demeure 22, rue de l’Arcade avec ses père et mère. Elle a pour mère Marie Olympiade STECOROWICH, âgée de trente-trois ans et pour père Charles JACOB (2) , banquier, âgé de quarante-trois ans. Sans réfléchir, je trouve au patronyme de sa mère une consonance russe.

Les témoins de l’épouse sont :

Mehmet DJEMIL PACHA, ambassadeur de Turquie à Paris, âgé de trente-sept ans, demeurant à l’ambassade ottomane, rue de Presbourg 10.

Boghos Bey DUSES, fonctionnaire ottoman, âgé de soixante-et-onze ans, demeurant rue de l’Arcade 22, domicile de la mère de l’épouse.

La presse relate ce mariage et mentionne parmi les invités les deux témoins ci-dessus tout en ajoutant à Boghos Bey la qualité de grand-père de la mariée. Le Figaro du 13/01/1869 précise que Madame JACOB est née « Boghos Bey ».

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GALLICA – Figaro du 13 janvier 1869

La presse m’apprend le décès de Madame STECOROWICH le 15 janvier 1901 à Paris (3).

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Acte de décès Angeline Marie Stacorowich – Paris 16ème – Décès 1901 – VE10084

Son patronyme est orthographié STACOROWICH et ses prénoms sont Angeline Marie. Le document indique qu’elle est née à Constantinople, qu’elle est : « fille de père et mère sur lesquels nous n’avons pas de renseignements ». Je ne sais donc pas si elle est la fille de Boghos Bey et si tel était le cas, pourquoi porte-t-elle le nom de STACOROWICH et ses variantes ? Mes recherches ne donnent absolument rien quelles que soient les variations orthographiques et ses prénoms qui fluctuent également (elle est prénommée Marie Olympiade sur l’acte de mariage de sa fille, Angeline Marie sur son acte de décès, Marie Olympe Angeline sur son testament et Marie Olympe sur l’acte de décès de sa fille) (5). Son patronyme  est-il la conséquence d’un premier mariage ? Est-il un patronyme d’emprunt alors qu’il semble officiel ?

L’acte de mariage de sa fille (1)  lui donne 33 ans, son acte de décès (2)  66 ans, elle serait donc née en 1835. Si sa fille Elisabeth Hélène Henriette JACOB est bien née en 1851, comme stipulé sur son acte de mariage, sa mère est âgée de 16 ans lors de sa naissance, ce qui laisse peu de place à un premier mariage. Mais d’après quelques recherches, il n’était pas rare qu’en Turquie les filles soient mariées très jeunes.

Son lien de parenté avec Boghos Bey semble aussi se confirmer en la personne d’Edouard Bey, son neveu, qui figure sur son faire-part de décès, tout comme il est aussi régulièrement mentionné dans la presse non seulement comme son neveu mais aussi comme cousin de sa fille.

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Faire-part de décès – Source : Familles parisiennes

La presse mentionne Salik Munir Bey comme présent lors des obsèques d’Angeline Marie STACOROVICH en l’église de Saint-Honoré d’Eylau et son inhumation au cimetière d’Auteuil. Décédée « munie des sacrements de l’église », Mme Jacob est donc catholique. A noter aussi qu’elle est grand officier de l’ordre impérial du chefakat.

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GALLICA – Le Figaro 18 Janvier 1901

Au mariage de sa petite fille Lucie Marie Emilie Aguado avec Charles Henri TENRE (4), parmi les invités se trouvent son excellence MISSAK EFFENDI chargé d’affaires de Turquie et son excellence SAVAS PACHA ancien ministre des affaires étrangère à Constantinople.

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GALLICA – Le Gaulois 17/07/1894

Après étude d’actes d’état civil et de la presse de l’époque je peux dresser cette carte mentale :

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Relation de Marie Angeline STACOROVICH

Bien évidemment, mes premières recherches vont vers BOGHOS BEY et Edouard BEY puisqu’ils feraient partie de la famille de Mme STACOROVICH. Boghos Bey est nommé BOGHOS BEY DUZ (Figaro du 8/10/1868) ou BOGHOS BEY DUSE (Acte de mariage AGUADO/JACOB) (1) ou BOGHOS BEY DUS dans la presse.

Je trouve un nommé Boghos Bey Dadian, fonctionnaire du 1er rang de l’Empire ottoman et Directeur général des poudrières impériales à Constantinople décédé à Paris le 2/12/1863, il ne peut donc pas être présent au mariage d’Arthur AGUADO et Elisabeth Hélène Henriette JACOB en 1868. La piste n’est donc pas la bonne !

En effectuant mes recherches, je perçois très rapidement que les patronymes ottomans, voir arméniens ont leurs propres règles. La lecture d’un texte intitulé Deux familles arméniennes dans l’Egypte du XIXème siècle, éclaire  un peu ma lanterne. Je cite : « Les noms de famille ne s’imposent qu’à la toute fin du 19ème siècle. Avant  cela, les  individus  ne sont pas désignés par un nom de  famille, bien que cela puisse arriver, mais sont couramment   appelés  par leur  nom  de  baptême  précédé ou suivi d’un titre honorifique  (ex : khodja Boghos, Artin Bey, Nubar Pacha) » (6) . Je note également que l’auteure de cet article précise que Boghos fait partie des prénoms arméniens.

Ces quelques lignes satisfont ma curiosité mais je crains qu’elles ne m’aident pas dans mes recherches. Tout au plus je peux émettre l’hypothèse que Boghos Bey et sa « fille » Marie Olympe STACOROVICH seraient d’origine arménienne. Je ne perds pas de vue que Marie Olympe est catholique, un constat qui n’est pas une preuve, d’autant que j’ai très peu d’informations quant à son époux, rien ne m’empêche d’imaginer une conversion préalable à son mariage.

Généalogiquement parlant, mes recherches sur Boghos Bey ne me donnent absolument rien ! En dehors des coupures de presse qui le disent père d’Angeline Marie STACOROVICH, grand-père de Lucie Marie AGUADO et qu’il est fonctionnaire ottoman, rien de rien quant à sa famille.

Peut-être Edouard Bey va-t-il m’en apprendre plus. Il est dit neveu d’Angeline Marie et en 1888 ancien consul général. S’il est le neveu de Madame STACOROVICH, et c’est ma première pensée, il est donc le fils d’un frère ou d’une sœur de cette dernière. « Bey » serait un titre, attribué aussi bien à Boghos qu’à Edouard ! Je ne peux donc pas le prendre pour un patronyme et l’utiliser pour mes recherches. Si j’en crois les documents à ma disposition, Edouard Bey est le seul membre de la famille de Madame STACOROVICH présent à Paris en 1901 ; lui seul est cité sur le faire- part de décès de sa tante. Il est marié puisque sur ce document il est écrit Monsieur et Madame Edouard Bey. Son titre devient alors patronyme. A tout hasard, je recherche, dans les tables  décennales parisiennes  pour le 8ème et 16ème arrondissements  d’éventuelles naissances. Rien  non plus ! Mais miracle ! Filae me donne son acte de décès. Edouard Bey est né à Constantinople en février 1851, il est fils de Diran BEY et de Adèle JACOBS époux décédé, veuf de Ana DUZ. Aurait-il donc un lien avec Charles JACOB ou JACOBS l’époux d’Angeline Marie STACOROVICH ? La question reste posée. Edouard Bey pourrait donc être un neveu par alliance de Marie Angeline STACOROVICH.

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Acte de décès Edouard Bey – Paris 16° – Filae

Je trouve l’acte de décès en date du 26/05/1918 de son épouse nommée dans cet acte Christina Anna DUZ, fille de Mihran DUZ et de Marie YAGHLEKJIAN. Première déduction ; je suis bien en terre arménienne. Quant au patronyme « DUZ » est-il commun à celui de Boghos Bey aussi nommé Boghos Bey DUZ ? Mes connaissances en onomastique ottomane sont proches du néant ; je ne sais quoi penser   !

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Acte de décès Christina Ana Duz – Paris 16° Filae

Pour couronner le tout, l’époux de Marie Angeline STACOROVICH est aux abonnés absents ! Charles JACOB ou JACOBS selon les documents, serait né en 1825, banquier, il décède le 2 décembre 1876 en Angleterre, dans le Middlesex et laisse ses biens à son épouse.

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Testament Charles JACOB – HM Courts & Tribunal Service

A noter qu’il n’apparaît jamais dans la presse française. Il figure néanmoins dans un recensement de 1871, en Angleterre, banquier retraité, né en 1825 en Turquie, sujet britannique précise ce document. Britannique car naturalisé, ou britannique par ses parents ? Encore une question sans réponse. La recherche d’une naturalisation n’a rien donné.

A ce propos, je remercie Pascalina et son aide précieuse pour ces recherches en Angleterre.

census_1871
Ancestry – 1871 England, Wales & Scotland census

Je peux supposer le mariage du couple STACOROVICH/JACOB en Turquie, avant 1851 ce qui n’arrange pas mes affaires. Je n’en saurai pas plus quant à aux origines de Charles JACOB  et celles de ses parents. Les JACOB font-ils partie des nombreux européens du 19ème siècle installés dans  l’Empire  Ottoman pour  affaires ? En 1871 Charles JACOB vit  en Angleterre tandis que son épouse est domiciliée à Paris.

Sans retracer l’histoire de l’Empire ottoman, il me semble nécessaire d’évoquer le contexte de mes découvertes et d’insister sur ce qui peut les éclairer.

En 1868, lorsqu’Arthur Georges Olympio AGUADO épouse Elisabeth Hélène Henriette JACOB, Napoléon III est empereur des français depuis décembre 1852. Il le restera jusqu’en septembre 1870. Le 4 septembre 1870, la République sera proclamée et Thiers en sera le Président (1871-1872).

L’Empire ottoman, multiethnique, multiculturel et multiconfessionnel, s’étendait, au plus fort de son apogée, sur un immense territoire et sur trois continents. Son régime était dirigé par un conseil, et présidé par le sultan.

Au 19ème siècle, l’Empire ottoman qualifié en 1853 d' »homme malade de l’Europe » par le Tsar russe Nicolas Ier, freinait, sinon empêchait les ambitions de ce dernier. Une série de crises participent au démembrement de ses territoires. L’Empire fait face aux visées de la Russie grâce à la protection du Royaume-Uni et de la France. Afin de retrouver sa puissance de 1839 à 1876, les sultans entreprennent des réformes (Tanzimat) afin de réorganiser et de moderniser l’Empire ottoman. Si tout au long de son histoire, cet empire a été présent sur le continent européen, il accroît sa présence à cette période. La volonté de se moderniser et d’entreprendre des réformes, souvent inspirées de modèles européens, rencontre l’appui de la France au second empire. Napoléon III soutient cette politique. La Banque impériale ottomane, créée en 1863 est dirigée par un consortium franco-anglais. La pénétration européenne devient industrielle et financière ; société de chemins de fer, installations portuaires… L’Orient-Express en 1888, met Istanbul à 3 jours de Paris et Marseille n’est plus qu’à 10 jours de la capitale ottomane. Début XIXème, plus de trois millions de personnes parlaient le français dans les différents territoires ottomans.

Les puissances occidentales, s’appuyant sur leurs diplomates cherchent à développer leurs intérêts et leurs zones d’influence dans l’Empire ottoman. Aucune puissance européenne ne souhaite perdre ses intérêts ou voir des territoires tomber au profit d’une puissance rivale.

Les Arméniens qui possèdent une histoire, une religion, une langue, parviennent à préserver leur identité en dépit des modifications de leurs territoires. Sous l’Empire ottoman, ils ont le statut de « dhimmis » (protégés). Jusqu’en 1914, ils font partie de la classe politique ottomane ; hauts fonctionnaires, conseillers des sultans, ministres, diplomates. Ils prennent une part active et non négligeable à la vie sociale et culturelle. Durant des siècles, ils ont détenu la direction des finances ottomanes perpétrée par une dynastie de responsables des monnaies impériales. Certains d’entre eux sont les banquiers des grands vizirs et des pachas. Après la guerre de Crimée, la pénétration occidentale et la mise en place d’un système bancaire sur le modèle européen contribuent cependant à réduire le rôle de ces financiers. Ils se reconvertissent dans le négoce international et investissent dans des manufactures situées dans des territoires arméniens. A la fin du 19ème siècle, les  Arméniens semblent intégrés à  l’Empire ottoman ; architectes, journalistes, photographes, médecins, interprètes….

Mais inexorablement les crises se multiplient et toutes les tentatives du pouvoir en place ne résistent pas à l’affirmation des nationalismes face à une autorité démunie. A l’aube du XXème siècle, les “Jeunes Turcs” un mouvement politique inspiré du nationalisme européen prend de l’ampleur et forme le Comité Union et Progrès (CUP).

Les réformes exigées par les puissances européennes et promises par le sultan pour moderniser le système politique et préserver les droits des minorités ne sont qu’en partie appliquées et seulement dans les grandes villes. La situation des provinces ne fait que s’aggraver et les relations ne cessent de se dégrader. Les Arméniens, restent cependant loyaux au sultan, mais lucides et prudents, réclament au pouvoir ottoman un meilleur respect de leurs droits et une plus grande autonomie, soutenus par les puissances européennes. En 1863, une Constitution nationale arménienne et une Assemblée nationale arménienne voient le jour. La fin de la période ottomane est cependant marquée par une suite de violences. Le sultan Abdülamid entreprend une sorte de reconquête intérieures, et de 1894 à 1896 sont perpétrés une série de massacres contre la population arménienne.

En 1909, le CUP prend le pouvoir et le Sultan Abdülhamid II est démis de ses fonctions. Le 31 octobre 1914, l’Empire Ottoman s’engage dans la première guerre mondiale en rejoignant l’Allemagne et l’Autriche. Entre 1915 et 1916, Les chrétiens et notamment les arméniens perçus comme sympathisants potentiels des Alliés sont décimés. Le génocide arménien, initié par le gouvernement des « Jeunes-Turcs » assassine les deux tiers de la population arménienne vivant sur le territoire de la Turquie actuelle. La défaite des turcs à l’issue de la première guerre mondiale conduit à la dislocation de l’Empire ottoman. (7) (8) (9)

C’est dans ce contexte, qu’évoluent, en France, les relations et les proches de Marie Angeline STACOROVICH, pour lesquels, poussée par la curiosité j’ai fait quelques recherches, mais il vous faudra patienter jusqu’au deuxième chapitre…

 

SOURCES :

(1) Péra, district d’Istanbul https://fr.wikipedia.org/wiki/Beyo%C4%9Flu

(2) Actes de mariage – Archives numérisées Paris – Mariages 1868 – 8ème – V 4E935

(3) Actes de décès – Archives numérisées Paris – Décès 1901 – 16ème – V 4E10084

(4) Actes de mariage – Archives numérisées Paris – Mariage 1894 – 16ème – V 4E1003

(5) Actes de décès – Archives numérisées Paris – Décès 1904 – 16ème – 16 D 83

(6) Cahiers de la Méditerranée – Deux familles arméniennes dans l’Egypte du XIXème siècle : les Tcherakian et les Nubarian – Anne Le Gall-Kazazian

(7) Histoire de l’Empire Ottoman

Wikipédia – Déclin et chute de l’Empire ottoman https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9clin_et_chute_de_l%27Empire_ottoman

(8) Histoire arménienne – Une communauté dynamique de l’Empire https://www.lhistoire.fr/une-communaut%C3%A9-dynamique-de-lempire

(9) Gallica – Les Arméniens dans l’Empire ottoman à la veille du génocide https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33238543/f1.item.texteImage

 

 

 

 

 


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