De l’importance des parrains et marraines ou comment faire parler les actes de baptême

 Identifier les enfants du couple Julien DURAND et Jeanne SAULNIER ne pouvait se faire qu’en collectant d’abord les actes de baptême de ces derniers (Cf Julien Durand, le fils du cordonnier). Viendrait ensuite la recherche d’actes d’inhumation et de mariage.

J’ai fait le choix de transcrire les actes de baptême au fur et à mesure de leur découverte. C’est en effectuant ce travail sur ces dix-huit pièces qu’est venue l’idée d’exploiter ces documents. Parrains, marraines, prénoms, patronymes, lieux, métiers, liens réels ou supposés m’interpellaient. J’y voyais un travail d’analyse qui pouvait m’en apprendre un peu plus sur cette famille. Mettre en lumière des informations restées cachées sans cette étude et compte-tenu du nombre important d’enfants, le cas pouvait présenter un intérêt certain mais compliqué à mettre en évidence.

Se posait la question de savoir comment et sous quelle forme restituer cette analyse sans qu’elle ne devienne rébarbative pour le lecteur. Dix-huit enfants cela fait dix-huit parrains, dix-huit marraines soit trente-six individus supplémentaires. Consacrer un paragraphe de texte par individu ? J’ai vite compris  que c’était trop ! J’ai donc choisi de travailler par tableaux ou schémas et de limiter le texte à l’essentiel. D’autre part, le tableau rend certaines informations plus évidentes. De même, je ne détaille pas mes sources (1) mais les tiens à la disposition du lecteur, s’il m’en fait la demande.

Un premier schéma reprend l’ensemble des informations collectées dans les dix-huit actes de baptême des enfants : Noms et prénoms des parrains et marraines, lien de parenté lorsqu’il existe. Un surlignage de couleur pour les parrains et marraines nommés plusieurs fois. La profession des parrains et la profession des époux des marraines, métier indiqué de couleur verte lorsqu’il se rencontre à plusieurs reprises. Associer à chacun des compères (2) son épouse ou son époux m’a semblé judicieux, d’abord pour déterminer la nature des liens entre la famille DURAND et la marraine ou le parrain, ensuite parce que le métier exercé par le conjoint est capital.

Les éléments complémentaires qui auraient rendu peu clair le premier ce schéma sont répertoriés dans un second tableau :

(Cliquer sur le lien pour ouvrir le tableau).

MODELE-DURAND_SAULNIER.PAR_MAR_mTABxlsx

TAB2_PAR_MAR_DURAND_SAULNIER
Schéma récapitulatif des parrains et marraines enfants du couple DURAND – SAULNIER

J’y ai ajouté l’âge du père, l’âge des parrains et marraines, lorsqu’il est connu, au moment du baptême de l’enfant. Les signatures mentionnées sur l’acte de baptême. Les individus dans un pavé coloré sont des couples, et les membres de la famille sont en caractères bleus. Un pavé jaune pour les individus sans informations.

La famille DURAND est bien dans la norme ; elle affecte un seul parrain et une seule marraine à chaque enfant, issu de deux sources :

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Sources parrains et marraines

Le tableau parle de lui-même, Julien DURAND et Jeanne SAULNIER ont privilégié les parrains et marraines choisis hors de la famille. On peut alors se poser les questions suivantes : la famille proche est-elle réduite, est-ce un choix stratégique ou est-ce la conjugaison des deux possibilités ?

La famille :

La première enfant du couple, Perrine DURAND a pour parrain et marraine :

  • François DURAND son grand-père paternel.
  • Perrine ROUAULT sa grand-mère maternelle
  • Pour l’un comme pour l’autre, je n’ai aucun acte, ni baptême, ni mariage, ni décès. Leur âge, au moment du baptême de Perrine, est donc inconnu. Perrine prend le prénom de sa grand-mère. Choisir les grands parents pour les enfants aînés est souvent fréquent, là encore la famille n’échappe pas à la norme. On peut légitimement supposer qu’ils sont les plus âgés parmi les parrains et marraines, ce qui explique ce choix pour les premiers enfants.

La troisième enfant, Louise DURAND, a pour marraine :

  • Louise SAULNIER, sœur de sa mère Jeanne SAULNIER.
  • Louise est probablement plus jeune que sa sœur, elle se marie en 1686. Son âge est inconnu. L’enfant prend le prénom de sa marraine.

Le huitième enfant, François DURAND a pour parrain :

  • Jean GUIGNARD, Maître cordonnier, époux de Louise SAULNIER sœur de la mère Jeanne SAULNIER. Son âge est également inconnu. L’enfant prend le prénom de son grand-père paternel François DURAND.

Le dixième enfant, Jeanne DURAND a pour parrain et marraine :

  • Jean SAULNIER, grand-père maternel.
  • Elisabeth DURAND, sœur de l’enfant, âgée de 10 ans. Le prénom du grand-père est féminisé pour être attribué à l’enfant.

Le quinzième enfant, Joseph DURAND a pour parrain et marraine

  • Joachim DURAND, frère de l’enfant, âgé de 14 ans
  • Elisabeth DURAND, sœur de l’enfant, âgée de 17 ans. Le prénom de l’enfant n’a aucun lien, ni avec le parrain, ni avec la marraine.

Le seizième enfant, Gilbert DURAND a pour marraine :

  • Louise SAULNIER, sœur de sa mère Jeanne SAULNIER.

Le dix-septième enfant Catherine DURAND a pour parrain :

  • Julien DURAND, frère de l’enfant, âgé de 15 ans.

Le dix-huitième enfant, Pierre Ignace DURAND a pour parrain et marraine un couple :

  • H.h. Pierre BARBIER Sieur des PICTIERES, époux d’Elisabeth DURAND, sœur de l’enfant.
  • Elisabeth DURAND sœur du baptisé, âgée de 25 ans.

On constate que le grand-père paternel et la grand-mère maternelle sont choisis une seule fois pour le premier enfant. La grand-mère maternelle, Catherine VIAU n’apparaît jamais c’est donc qu’elle est certainement décédée d’autant qu’elle n’est pas présente au moment du mariage de Julien DURAND et de Jeanne SAULNIER. Le grand-père maternel, Jean SAULNIER est choisi une seule fois et pour le dixième enfant, bien qu’il soit certainement d’un certain âge, il n’est pas retenu pour le deuxième enfant.

Elisabeth DURAND, soeur des baptisés, est marraine par trois fois. Ce qui pourrait confirmer mes suppositions, ses autres sœurs, Perrine et Louise seraient bien décédées en bas âge. Elle est accompagnée de son deuxième époux Pierre BARBIER des PICTIERES.

Julien et Joachim DURAND frères, sont parrains des deux derniers baptisés.

La sœur de Jeanne SAULNIER, Louise est par deux fois marraine. Son époux Jean GUIGNARD est parrain d’un enfant. Pas de jaloux pour les deux gendres, ils sont tous deux parrains.

Il semble que Jeanne SAULNIER n’ait qu’une sœur, rien ne m’indique le contraire dans ce choix de parrains et marraines. Je fais le même constat pour Julien DURAND, aucun membre de sa famille autre que son père, à moins que cela ne soit délibéré, la famille proche semble restreinte; pas de cousins, pas de collatéraux. Ces deux points seront à vérifier.

Voyons comment s’est effectué le choix des parrains et marraines qui n’appartiennent pas à la famille. Retenus par Julien DURAND et Jeanne SAULNIER, ils sont donc les premiers liens qui les unissent à cette famille. En effectuant mes recherches, j’ai constaté que pour la plupart, ils n’ont pas seulement des liens avec le couple DURAND/SAULNIER, mais qu’il existe de nombreuses connexions entre eux.

(Cliquer sur l’image pour l’agrandir)

LIENS
Schéma des connexions parrains/marraines

Pour chacun des parrains et marraines, j’ai recherché les éléments suivants :

  • Epoux ou épouse, en recherchant l’acte de mariage et en croisant les informations de façon à ne pas me tromper d’individu. Il n’est pas rare de rencontrer des homonymes. En cas de doute, travailler sur les signatures m’a bien aidée, merci aux twittos, leur aide fut précieuse pour les cas litigieux.
  • Recherche des enfants et des actes de baptêmes, relever les parrains et marraines pour confirmer ou infirmer les liens supposés entre certaines familles.
  • Relever les qualités ou professions autant que faire se peut, à travers tous les actes complémentaires, comme les mariages, les décès et les informations collectées dans le fonds FRESLON.

 1 – Elisabeth DURAND a pour parrain Jean GUILBAUD et pour marraine Elisabeth BACHELOT

1 a) Jean GUILBAUD Sieur de la PILOTIERE, marchand de draps et soie, ancien consul des marchands, Procureur au Présidial de Nantes, est l’époux de Françoise ERTAUD. Je leur connais treize enfants tous nés à Sainte-Croix ; le couple est domicilié de cette paroisse. Marié en 1673, je suppose que le parrain est plus âgé que Julien DURAND (29 ans en 1683).

Parmi les parrains et marraines des enfants du couple GUILBAUD/ERTAUD, certains m’interpellent :

  • Marie LORY femme de Mathurin GUILBAUD, marchand de drap et soie (frère de Jean GUILBAUD 1a)
  • Elisabeth BOURGET épouse d’Etienne JOUANNEAULX Marchand de draps et soie
  • Claude BARNABE (9b) épouse de Nicolas POLLY
  • Jean GUILBAUD est lui-même parrain de Renée le GOUAYS (5a) sœur de Louise LEGOUAYS

1 b) Elisabeth BACHELOT épouse le 30/04/1680 à Saint-Denis Jean PICHAUD Marchand droguiste puis négociant. Décédée en 1727 à 63 ans, elle aurait 19 ans au baptême de l’enfant à qui il est donné son prénom. Je leur connais douze enfants tous nés à Saint-Nicolas.

Parmi les parrains et marraines des enfants, je note :

  • Julienne BACHELOT (4b) tante, Elisabeth et Julienne seraient donc sœurs.

2 – Louise DURAND a pour parrain Pierre NORMAND

2 a) Pierre NORMAND, marchand quincaillier est l’époux de Jeanne ROUSSEAU. Âgé de 21 ans à son mariage, il en a 31 lorsqu’il tient Louise sur les fonts baptismaux, le père de Louise en a 30. Je lui connais deux enfants et je n’ai rien noté de particulier quant à leur baptême.

Louise est baptisée paroisse Saint-Nicolas, il se peut que ce soit une relation de voisinage.

3 – Joachim DURAND baptisé à Saint-Denis a pour parrain et marraine h.h. Joachim PUYO et Julienne CLEMENT

3 a) Joachim PUYO, donne son prénom au baptisé. Marchand de draps et soie, il est l’époux de Geneviève MARIOT. Il a 23 ans à son mariage, il en a 24 au moment du baptême de l’enfant, le père de Joachim, Julien DURAND a 32 ans. Rien de notable quant aux actes de baptême des quatre enfants du couple PUYO/MARIOT.

3 b) Julienne CLEMENT a pour époux Jean-Marie SECHE, marchand manchonnier. Leur acte de mariage reste un mystère. Je leur connais une fille. Si Jean-Marie SECHE figure à plusieurs reprises dans les registres de Sainte-Croix en qualité de témoin ou de parrain dans certains actes, Julienne CLEMENT en semble absente, je perds sa trace.

Jean-Marie SECHE signe sur l’acte de baptême (1671 Sainte-Croix) de Gabriel fils de Gabriel GUILBAUD (blanconnier) frère de Mathurin GUILBAUD époux de Françoise GASNIER. Il est parrain et sa commère (2) se nomme Françoise ERTAUD épouse de Jean Guilbaud (1a). Nous avons là trois frères, Gabriel, Mathurin et Jean.

Au mariage de sa fille Françoise SECHE à Sainte-Croix en 1685 signe Dominique BERTRAND (11a).

4 – Jean DURAND baptisée à Saint-Denis a pour parrain et marraine Jean MABIT et Julienne BACHELOT.

4 a) Jean MABIT Sieur DUPLESSIS est l’époux de Catherine MARTIN. Lors de son décès en 1707 il a environ 45 ans, il a donc 25 ans au baptême de son filleul. Il est commis audiencier au Présidial de Nantes puis Greffier en chef de la cour et siège royal de l’Amirauté de Nantes. Je lui connais quatre enfants. Pas d’éléments qui nous intéressent à relever.

4 b) Julienne BACHELOT est l’épouse de Jean DUMAINE (de Rennes), Marchand de draps et soie. Elle signe sur l’acte de mariage d’Elisabeth BACHELOT (1b,sa sœur) et de Jean PICHAUD. Je leur connais deux enfants nés à Rennes. Aucun élément ne me permet de déterminer l’âge de Julienne BACHELOT, mais son époux décédé en 1695 à Rennes à 35 ans, est âge de 27 ans au moment du baptême de l’enfant.

5 – Julien DURAND Baptisé à Sainte-Croix a pour parrain et marraine h.h. François GRENIER h.f. Elisabeth GUILLET

Le prénom du père est transmis à l’enfant, Julien qui deviendra par la suite un prénom familial ; suivra François Julien en 1731 puis Julien Joseph en 1762, prénom caractéristique de la lignée. Mais pas avant et juste deux générations après.

5 a) François GRENIER époux de Renée LEGOUYAIS exerce le métier de Marchand de draps et soie. Au baptême de Julien, il a 31 ans. Je ne leur connais pas d’enfant.

En 1671, Louise LEGOUYAIS, sœur de Renée LEGOUYAIS, a pour parrain Jean GUILBAUD (1a).

Une autre sœur de Renée LEGOUAYS, Michelle LEGOUAYS, a pour parrain Michel JOUANNEAULX fille d‘Yves JOUANNEAULX Marchand de draps et soie et Marie LOPPES.

Gabriel LORY fils de Jean LORY et de Marguerite MICHEL est le parrain d’Anne LEGOUAYS, une autre sœur de Renée LEGOUAYS.

5 b) Elisabeth GUILLET est l’épouse d’Etienne VERGER, Marchand de draps et soie et ancien fabriqueur de Sainte-Croix. Je leur connais six enfants. Pas d’informations notables sur les actes de baptême des enfants.

6 – Françoise DURAND a pour parrain et marraine François CORMERAIS et Françoise BOURGET, elle prend le prénom de sa marraine.

6 a) François CORMERAIS est l’époux de Catherine HEGRON, il est procureur au Présidial et prévôté de Nantes, sous-maire (1690). Il décède en 1705 à environ 50 ans, il aurait 35 ans au baptême de Françoise. Je ne lui connais qu’une seule fille.

6 b) Françoise BOURGET est l’épouse de Dominique BERTRAND (11a). Ce dernier étant également parrain d’un enfant DURAND/SAULNIER, il sera évoqué ultérieurement.

7 – François DURAND a pour marraine Nicole PIAU.

7 a) Nicole PIAU est l’épouse de René EMERIAU, Marchand toilier. D’après son acte de mariage, il est probable qu’elle soit âgée de 27 ans lors du baptême de François DURAND. Je leur connais cinq enfants.

Parmi eux, Guillaume EMERIAU baptisé en 1699 à Sainte Croix a pour marraine Elisabeth Durand fille de Julien et de Jeanne SAULNIER présents à ce baptême, tous trois signent l’acte. On peut supposer un lien d’amitié plutôt qu’un lien professionnel.

8 – Anne DURAND a pour parrain et marraine h.h. Philippe CHAUVEAU et h.f. Anne BOUILLARD

8a) Philippe CHAUVEAU a pour épouse Marie TESSIER, marchand gantier, Il a 35 ans lorsqu’il porte Anne sur les fonts baptismaux. Je leur connais deux enfants. L’un, Jean-Baptiste né en 1692 à Saint-Croix a pour parrain Jean MABIT Sieur DUPLESSIS (4a). Marie sa sœur née en 1693 a pour marraine Jeanne SAULNIER.

8 b) Anne BOULIARD – Malgré mes recherches, cette femme reste un mystère, aucune mention de cette dernière tant dans les BMS que dans les registres de capitation.

9 – Louis DURAND a pour parrain et marraine h.h. Louis JOUANNEAULX et Claude BARNABE. L’enfant prend le prénom du parrain.

9 a) Louis JOUANNEAULX est l’époux de Françoise MICHEL. Il est Marchand de draps et soie, il sera également Lieutenant d’une compagnie de la ville – ancien consul et sous maire de Nantes. Echevin – Ancien fabriqueur. Né en 1656 il a 39 ans lors du baptême de Louis. Je leur connais huit enfants nés à Sainte-Croix.

L’un, Louis JOUANNEAULX aura pour parrain et marraine ses grands-parents Pierre LORY et Marie LOPPES et son acte de baptême portera la signature de Gabriel LORY. Ce dernier sera également parrain d’un autre enfant, Marie, née en 1692. Jean, né en 1697 aura pour parrain Marie LAURENCIN épouse de Nicolas POLLY (10 a).

9 b) Claude BARNABE (Cf. 10 a)

10 – Nicolas DURAND a pour parrain h.h. Nicolas POLLY et Elisabeth LORY. L’enfant prend le prénom du parrain.

10 a) Nicolas POLLY Sieur de la BARITAUDIERE épouse Claude BARNABE (9b), il a 20 ans et exerce le métier de Marchand de draps et soie, il sera aussi Consul de Nantes. En 1696 il a 38 ans. Après le décès de son épouse, il convolera avec Rose COUTURIER. Si je ne connais pas d’enfant au couple POLLY/BARNABE, je lui en connais au moins dix avec sa deuxième épouse.

En 1691, Claude Barnabé sera marraine de Jacques, fils de Jean Guilbaud (1a) et de Françoise ERTAUD.

10 b) Elisabeth LORY est célibataire lorsqu’elle est marraine de Nicolas DURAND. Elle épousera le 26/01/1705, à Saint-Saturnin Jean Michel Sieur de GRILLAUD Négociant, représentant de la nation française à Bilbao, secrétaire du Roi à Orléans, échevin. Elle est fille de Gabriel LORY Sieur de la MIGNONNERIE et de Françoise BERNARD. Gabriel LORY est banquier, marchand de draps et soie, Consul des marchands, garde du trésor et des Chartres de Bretagne au château de Nantes.

11 – Dominique DURAND a pour parrain et marraine h.h. Dominique BERTRAND et pour marraine Anne GUILLON dont elle prend le prénom

11 a) Comme vu précédemment, Dominique BERTRAND, marchande pelletier, épouse Françoise BOURGET le 9/01/1690 à Sainte-Croix de Nantes. Sont présents et signent l’acte de mariage Julien DURAND et Jeanne SAULNIER.

Sans être parrain, la signature de Dominique BERTRAND est apposée sur les actes de baptême de cinq des enfants DURAND/SAULNIER. Il signe également sur l’acte de mariage d’Elisabeth DURAND et de son premier époux Jean BRIDON, marchand de draps et soie. Sa présence semble signifier une certaine proximité avec le couple DURAND/SAULNIER.

Il signe également sur l’acte de Mariage de Françoise SECHE, fille de Jean Marie SECHE  et de Julienne CLEMENT (3b).

Dominique Bertrand se remarie une deuxième fois, il épouse Renée CHONAS le 28/01/1710 à Saint Denis. Julien DURAND, Jeanne SAULNIER et Pierre BARBIER Sieur des PICTIERES signent l’acte de mariage.

3ème mariage

Dominique BERTRAND épouse Marie BAHUAUD en 1711 à Saint-Denis. Il a pour témoins Jeanne SAULNIER qui signe et Pierre BARBIER des PICTIERES le gendre de Julien Durand.

11 b) Anne GUILLON épouse Jacques BABIN, Marchand, le 21/05/1671 à Saint-Nicolas puis le 27/01/1681 Michel NAIL Marchand. Née en 1648 Anne GUILLON a 46 ans lorsqu’elle marraine. Je connais trois enfants au couple GUILLON/NAIL. Malgré mes recherches, je n’ai pas d’autres informations.

12 – Pierre DURAND a pour parrain et marraine h.h. Pierre BABIN et Marie BONNET. A l’enfant, il est donné le prénom du parrain

12 a) Pierre BABIN demeure une énigme. Je ne sais pas s’il est de la même famille que Jacques BABIN époux d‘Anne GUILLON (11b). Il est juste noté sur l’acte de baptême de Pierre DURAND qu’il est marchand à la Fosse.

12 b) Marie Bonnet épouse le 16/01/1693 à Saint-Denis Joseph le ROULX Sieur de la Ville, Avocat du Roi au Siège Présidial de Nantes, Conseiller du roi et maire de la ville. Née en 1659, elle a 40 ans au moment du baptême de Pierre DURAND. Je leur connais quatre enfants.

Je soupçonne des liens avec les familles de Louis JOUANNEAULX, Jean GUILBAUD, et LORY. Je n’en suis pas sûre, il me faudrait travailler sur la généalogie de chacune des familles citées et la présence d’homonymes ne facilite pas la tâche !

13 – Gilbert DURAND a pour parrain Gilbert LAGIER dont il prend le prénom

13 a) Gilbert LAGIER, maître vitrier, épouse à Saint-Nicolas le 14/04/1689 Elisabeth LEGRAS, puis le 19/07/1707 toujours à Saint-Nicolas Anne BLAIN

La revue historique de l’Ouest, mentionne la présence de Julien Durand et Jeanne SAULNIER lors de son premier mariage. Je connais 7 enfants issus du couple LAGIER/ BLAIN, sans indications notables qui puissent nous intéresser.

14 – Catherine DURAND a pour marraine Elisabeth LEGRAS

Epouse de Gilbert Lagier, le couple est évoqué en 13 a.

Après ce tour d’horizon, qui j’espère ne vous aura pas donné le tournis, il apparaît que les parrains et marraines choisis hors de la famille sont sensiblement de la même génération que les parents. Ils sont domiciliés principalement dans les trois paroisses où a élu domicile un jour ou l’autre le couple DURAND/SAULNIER soit  Saint-Denis, Saint-Nicolas et Sainte-Croix. On imagine donc en premier lieu que ce sont des relations de proximité géographique, des relations de voisinage.

Parmi les 12 parrains et 12 marraines hors cercle familial :

PAR_MAR_METIERS

Tout est maintenant bien en place, les informations collectées sont organisées, le cadre est posé, il ne reste plus qu’à tenter de synthétiser tous ces éléments.

Pour mieux comprendre quelques mots sur le baptême. Dans les trois jours qui suivaient sa naissance, l’enfant était amené sur les fonts baptismaux. Souvent nommé par le parrain ou la marraine, ils peuvent lui imposer son ou ses prénoms. L’enfant possède alors le prénom de la marraine ou du parrain. C’est le cas pour 14 des enfants DURAND/SAULNIER, pour deux des filles Françoise et jeanne, le prénom du parrain est féminisé pour leur être attribué.

Ce sacrement instaure donc une parenté spirituelle entre l’enfant et son parrain, entre le baptisé et sa marraine. Ce lien réciproque est établi à l’église, devant Dieu, le père de l’enfant et les témoins, il engage le parrain et la marraine aujourd’hui et demain. Le rôle du parrain et de la marraine ne s’arrête pas à la cérémonie du baptême.

Le choix des parrains et marraines, contrairement au mariage, peut répondre à des critères et des statuts très différents : parents ou non, amis, voisins, confrères, collègues, relations professionnelles ou non, d’un statut social ou professionnel égal, inférieur, supérieur. Le premier rôle des parrains et marraines est d’assurer la protection des enfants et de pourvoir à leur éducation religieuse si les parents venaient à disparaître.

Outre ce premier rôle, dans ce choix de parrains et marraines d’autres fonctions peuvent être envisagées :

  • Formaliser, développer ou conforter des intérêts professionnels, économiques entre le père du baptisé et les parrains et marraines par l’entremise de leurs époux. Constitution d’un réseau.
  • Protection et pérennisation de liens d’affaires, de clientèle.
  • Soutien moral, financier et matériel des parrains aux filleuls.

D’évidence, Julien DURAND a peu sollicité sa parenté (33,33 %), il a plutôt cherché des parrains et marraines constituant de véritables points d’appui et un réseau pour lui-même et ses enfants, capable de peser sur le destin de la famille. Sa fille aînée Elisabeth épousera deux marchands de draps et soie et deux de ses fils exerceront cette profession. Dès la naissance de ses enfants Julien DURAND a œuvré dans ce sens en anticipant sur l’avenir par un choix judicieux de parrains et marraines tous connectés entre eux. Alors, oui, on peut dire que le rêve ou l’objectif du fils du cordonnier est atteint, et l’histoire de la famille le confirmera CQFD !

 

 

(1) Archives départementales de Loire-Atlantiques –  Registres paroissiaux et d’état civil – Fonds Freslon : https://archives.loire-atlantique.fr/jcms/chercher/archives-numerisees-fr-c_5562

(2) COMPÈRE  – Le parrain par rapport à la marraine. Le féminin de « compère » est « commère ». Ce mot est issu du latin ecclésiastique, de cum => co (avec), et pater (père), soit  » père avec » ou co (avec) et mater (mère), soit « mère avec ». Source GENEADICO https://cgf-bzh.fr/autour-de-la-genealogie-2/autour-de-la-genealogie/geneadico/


			

9 réflexions sur “De l’importance des parrains et marraines ou comment faire parler les actes de baptême

  1. Voilà une étude comme j’aimerais en réaliser. Tu me donnes des idées : choisir une famille nombreuse et m’inspirer de tes tableaux qui apparaissent fort bien conçus (si tu le permets !).

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    1. Bonsoir Thierry, merci pour ta lecture et ton commentaire. Seulement 3 des fils sont décédés à 54, 77 et 82 ans dont un seul marié, une des fille mariée par deux fois est décédée à 29 ans, Mais je n’ai pas terminé avec cette famille et je pense que d’autres billets suivront.

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  2. Passionnant ! Très belle étude. Bravo. Les parrains et marraines me fascinent également et j’aurais beaucoup à dire… tellement que je crois que je ferai un article-réponse dès que le challengeAZ sera terminé…

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